La Cartoucherie nationale pendant les deux guerres mondiales


BOURG-LES-VALENCE


Architecture industrielle

33 Rue de Chony
26500 BOURG-LES-VALENCE

Près de dix ans après la faillite de Noël Sanial,en 1874, l'État achète l'ancienne filature ainsi que des terrains afin d'y installer une Cartoucherie nationale.

Il s'agit alors ,dans le contexte d'après la défaite française de 1870, de moderniser le matériel de guerre.

 

 

Dans la Première Guerre mondiale, se met en place une embauche massive de femmes. Elle est nécessaire pour répondre au départ des hommes sur le front et aux besoins de l'armée. En décembre 1914, 727 femmes ont été embauchées depuis le début du conflit. On fait appel également à des coloniaux Indochinois des Kabyles et des Grecs . La cartoucherie emploie alors jusqu'à 4000 personnes et fabrique quotidiennement un million de cartouches 8 mm modèle 1886 pour le fusil Lebel.

Pendant le conflit, deux événements majeurs se produisent : le 15 mai 1916 une explosion accidentelle tue plusieurs personnes et en 1917, le 12 mai à 2h45 du matin, 450 femmes environ cessent le travail et défilent en ville , passent devant la préfecture en criant « à bas la guerre ! Rendez-nous nos poilus ! Du charbon ! ». Il faudra attendre plusieurs jours afin d'obtenir une reprise normale du travail.

A la fin de la guerre les hommes reviennent et beaucoup de femmes et d'étrangers perdent leur travail, la priorité est donnée aux hommes revenus du front. La cartoucherie baisse sa production et se retrouve dans sa situation d'avant-guerre.

 

 

Dans la Seconde Guerre mondiale, la production s'accroît à nouveau avec la « drôle de guerre ». Le 17 juin 1940 avec le choix de l'armistice, la direction licencie massivement, ne garde que 150 ouvriers et interdit la fabrication traditionnelle de munitions. Sous contrôle des Italiens qui occupent la région, des machines sont plombées et d'autres affectées à une production civile.

Avec l'occupation allemande, un noyau de résistance se développe au sein de la cartoucherie. Le directeur, le colonel Cabotse, favorable à la Résistance, ferme les yeux sur les opérations qui permettent d'alimenter la Résistance locale en cartouches pour les mitraillettes parachutées. Pierre Millet, résistant, raconte dans ses mémoires l'aide qu' il a pu lui apporter afin de sortir des fusils, la nuit dans des sacs de pommes de terre. En décembre 1943, quatre cartouchiers sont arrêtés par la Gestapo, deux connaissent la déportation.

Avec les opérations de Libération du territoire, la cartoucherie retrouve une production très élevée afin d' alimenter la contre-offensive alliée.

 

Quelques employés, outre la production autorisée, pratiquent « la perruque » pour améliorer l'ordinaire. Cette expression désigne l' utilisation de matériaux et d'outils par un travailleur, sur le lieu de travail, pendant le temps de travail dans le but de fabriquer un objet en dehors de la production réglementaire de l'entreprise.

 

 

Joris , Hugo , Léa.S , Batuhan

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Notice créée le 20/06/2019
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