LES GRAFFITI (1) - Tour de Crest


CREST


Architecture militaire (fortifiée)

La TOUR
26400 CREST

Les graffiti     En cours de rédaction

 De grandes surfaces de la Tour, du rez-de-chaussée au troisième étage, sont couvertes de graffiti.Détenus et autres « passants » n'ont pas cessé, du XVIIe au XXIe siècles, d'inscrire, sur les murs et sur les voûtes, des messages qui sont d'émouvants témoignages de leur vécu.
En 1832, la Tour devient une prison militaire et est transformée. Une partie des murs est recouverte d'un enduit qui dissimule, sans aucun doute, de nombreux graffiti antérieurs à 1832.
Les représentations sont variées avec des hachures, des dessins, des phrases... L'empreinte laissée est un nom, une date, une opinion, un symbole...
Les inscriptions sont dessinées au charbon de bois, au fusain, au crayon ou à la sanguine (pigment de couleur proche du ocre). Certains graffiti sont gravés.

Pour la fonction carcérale: voir les étapes n° 19 -– 20 de la balade

 - Graffiti attribués aux prisonniers protestants - XVIIIe siècle

Deuxième étage - Salle 7
Photographie n° 2
- Sur les deux parois d'une archère (aujourd'hui non accessible sans échelle), une trentaine de noms, probablement de protestants, sont inscrits. Certains sont datés.
. La plus ancienne inscription est «
D. Barre.1699 » (voir photographie n° 2 ).
. Les plus récentes sont « 
C. Eymar 1738 » et « L. Geymard -1738 ».
. On peut aussi lire: « 
Jean Alvier -1701 » , « Claude Barc -1721 " , « Billard -1737 » …

 
Photographie n°
- Une représentation d'un calvaire, avec les instruments de la Passion, est datée de 1712.. Au centre, on voit une croix chrétienne avec un « x ». La barre verticale de la croix et le « x » représentent le chrisme. Ce dernier est un symbole chrétien formé avec les lettres grecques « I » (iota) et « X » (khi), initiales de Jésus-Christ en grec.
A gauche de la croix se détache un autre « I » et à droite de la croix, la lettre « S ». Ces deux lettres évoquent le monogramme «I-H-S» que certains interprètent comme
Iesus Hominum Salvator, c'est-à-dire « Jésus Sauveur des Hommes ».

Dans l'embrasure de l'archère, on distingue aussi :

photographie n°
- une scène qui s'inscrit sur environ un mètre avec neuf personnages, un cheval, un autre animal (qui peut être un chien) et une date qui semble être 1724. L'ensemble représente probablement une scène de dragonnade avec des dragons ( militaires) persécutant des protestants.

 Photographie n° 3
- Un soleil à tête humaine. Le soleiI, symbole de lumière, représente peut-être Dieu. Pour les chrétiens, Dieu est source de Lumière et Lumière lui-même; Dieu est celui qui illumine ceux qui sont dans les Ténèbres. Pour des prisonniers enfermés à cause de leur foi, ce soleil représente peut-être la Lumière au sens spirituel et au sens propre. Il peut aussi représenter la chaleur dans ce cachot glacial, sombre et sinistre. 
- De nombreux autres graffitti
subsistent dans cette salle, dont la représentation d'un personnage avec une pipe face à un oiseau sur un cercueil. 

- Graffiti de prisonniers politiques, notamment ceux de 1848 - 1849 et ceux enfermés suite à leur opposition au coup d' Etat de Louis Napoléon Bonaparte, en décembre 1851. 

- Troisième étage - Dans la Tour Neuve -
 Chambre dite de Montlaur : Salle 11 haute (non accessible)

Photographie n°:
- Ce graffiti écrit en latin est attribué à un insurgé, de Marseille, emprisonné de 1848 à 1849.
VIVIT VSQUE AD FINEM
MUNDI REPUBLICA
SOCIALIS ET DEMO (CRATICA?)
- Proposition de traduction :
La république sociale et la démocratie vivent jusqu'à la fin du monde.

Salle dite de Montlaur - Salle 11- partie basse
Photographie n° 4
- Sur un mur près de la fenêtre, est inscrit : « Les lâches qui nous font souffrir en répondront devant l'être suprême 1851 ».
Cette phrase a probablement été tracée par un prisonnier suite au coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte.
« Etre suprême » est certainement une référence à la Révolution française de 1789. L'expression apparaît dans le préambule de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789, qui est un pilier du système juridique, politique et social français : « L'Assemblée nationale
reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les droits suivants de l'homme et du citoyen ».
En 1789, le culte de l'Etre suprême se propage dans un climat d'insécurité.
Il est l'un des éléments de la déchristianisation 
qui accompagne la Révolution française. Il se veut une expression des idéaux des Lumières : liberté (d'expression, de pensée, etc.),égalité.
..

Photographie n°
- Près de la même fenêtre, dans la salle Montlaur, on peut lire cet émouvant message évoquant Jean Louis Culty qui se constitue prisonnier pour faire libérer sa femme et son fils pris en otage dans la Tour de Crest (il fut condamné à 10 ans « d'Afrique ») :
« Culty Jean-Louis de Pont-de-Barret gérant de
la forêt de Mr Crémieux à Saou compromis
dans les événements politiques du 2 Décembre 1851
fugitif depuis le 7 Dbre jusqu'au 14 janvier 1852 s'est
constitué prisonnier à la Tour de Crest le 14
du même mois sur la promesse qui lui fut faite par le Capitaine
Favella de relâcher Marie-Stéphanie sa femme et son
fils Gilvain Gratien Louis Henry Culty âgé de 3 ans qui étaient
alors détenus en otages à la maison d'arrêt de Crest
depuis le 15 Décembre Ceux qui liront ces quelques lignes
seront comme celui qui les a écrites dans la plus grande
indignation Culty
le 4 février 1852 ».

La déportation en Afrique a aussi été prononcée pour ces autres opposants au coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte :
. Salomon Bachasse ,
né à Mons (Isère), 31 ans en 1852, instituteur à Saint-Romain, 
. Jaques Espagne,
né à Comps (Drôme), 21 ans en 1852, cultivateur à Comps,
. Martin Narcisse Fusier,
né à Grillon (Vaucluse), 37 ans en 1852, marié, cinq enfants, cordier artificier à Dieulefit,
. Jean-Pierre Navelle, né à Allex (Drôme), 37 ans en 1852, marié, trois enfants, cultivateur à Allex.

- Après l'épreuve de la séquestration à Crest, un homme fait preuve d'un humour grinçant. Cela apparaît dans le message qu'il a laissé dans la Tour : «Charles Ferdinand détenu politique de la Tour de Crest. Arrivé le 19 Xbre 1851 et sorti le 3 avril 1852 sans regrets. Adieu. Place à louer bon marché. » 

- Des caricatures semblent représenter l'auteur du coup d'Etat, Louis Napoléon Bonaparte 

Chambre dite de Montlaur : Salle 11 haute (non accessible) 
Photographie n°
Sur un mur, la caricature d'un homme et d'une femme semble représenter Louis Napoléon Bonaparte avec Eugénie de Montijo (épousée en 1853).

- La République est encore défendu, en 1870 
Photographie n°
Un dessin de Marianne, coiffée d'un de ses attributs, le bonnet phrygien (symbole de liberté), est accompagnée de l'inscription « république 1870 ».

 

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Notice créée le 01/07/2018
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