Le bouilleur de cru


MONTOISON


Savoir-faire

montée de l'église
26800 MONTOISON

Contrairement à l'idée communément répandue, le bouilleur de cru ne fabrique pas l'alcool. La croyance populaire confond le bouilleur de cru et le distillateur ; c'est pourquoi ils sont ici associés.

Le bouilleur de cru, privilège abolit en 1960, est celui, généralement un fermier, qui amène le marc ou les fruits qui serviront à fabriquer l'alcool.
Le distillateur est bien la personne qui avec son matériel va transformer cette matière première en un breuvage fort apprécié.

La pièce maîtresse de l'outillage du distillateur, c'est l'alambic. Il en existe de différentes tailles, depuis le plus petit utilisé par un seul fermier et souvent composé d'une simple marmite et d'un serpentin, jusqu'aux plus imposants, munis d'une chaudière et installés sur une charrette.
Certains de ces alambics (dits "à repasse") fonctionnaient suivant le vieux principe de la double distillation : le marc est versé dans une première chaudière, chauffée par un feu de bois ; le liquide produit est ensuite versé dans la deuxième chaudière, où la distillation donne l'eau-de-vie. On y ajoute ensuite de l'eau pour diminuer les 60 à 70 degrés d'alcool produits.
Notre homme utilise aussi différents entonnoirs, le plus souvent en cuivre, qui servent à mettre l'eau-de-vie en bonbonne au sortir de l'alambic. Le pèse-alcool permet quant à lui de mesurer le degré de l'alcool produit. Rappelons que cette production est strictement règlementée.

L'invention de l'alambic et du principe de la distillation datent d'il y a mille ans. C'est aux Arabes que nous les devons : "Les premiers alambics servirent à fabriquer le fard à paupières connu sous le nom de khôl. Curieusement, quand les Arabes commencèrent à distiller le vin, ils donnèrent le même nom au produit obtenu : al khôl, "la chose subtile ".


Plus tard, au 13e siècle, les alchimistes développèrent la science de la distillation. Pour eux, l'alcool était la première étape vers l'élixir de vie éternelle ; c'est de là que lui vient sa dénomination d'eau-de-vie.

La tradition de la distillation du marc pour sa consommation personnelle s'est développée et maintenue jusqu'à notre époque. Chaque agriculteur avait auparavant le droit de distiller pour son propre compte 1000 degrés d'alcool pur, soit 20 litres à 50° ; c'était le privilège du bouilleur de cru.
Ce privilège était héréditaire ; il a été supprimé en 1960 sauf pour ceux qui le détenaient alors avec la possibilité de le transmettre à leur conjoint. Si vous croisez un distillateur ambulant, regardez-le bien, car bientôt ce métier aura disparu du paysage de nos campagnes.

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Notice créée le 23/10/2020
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