Gaston Dintrat


VALENCE


Personnage

rue Cartelet
26000 VALENCE

Doté d'un talent certain et d'une grande originalité, Gaston Dintrat a su s'imposer en tant que sculpteur et artiste avec à son actif un long cortège d'½uvres monumentales jusqu'aux bustes et décors ornementaux. Sobre dans ses lignes et imposante dans son architecture, l'½uvre de Dintrat exprime parfaitement les grandes idées qui doivent s'en dégager entre académisme, modernité et audace. Grand praticien, il pratiquait la taille directe dans la pierre, le marbre, l'ivoire, le fer forgé et le bois avec beaucoup d'aisance. C'est en tant que sculpteur qu'il se révèle au grand public mais il fut aussi peintre, paysagiste et décorateur.

Né le 10 mai 1889, dans la maison Permingeat rue Cartelet à Valence, Henri Gaston Dintrat était le fils d'un menuisier de fauteuil et d'une mère couturière. Passionné par le dessin, Gaston s'oriente assez jeune dans cette filière artistique, notamment dans la sculpture et réalise son premier stage à l'âge de 13 ans. En 1906, il part à Toulouse pour étudier une année à l'Ecole des Beaux-Arts avant de gagner la capitale contre la volonté de son père. Bon élève et travailleur mais quelque peu négligeant sur les cours oraux, il poursuit son apprentissage dans l'atelier de Gaston Toussaint lui-même praticien d'Antoine Bourdelle, ainsi que dans l'atelier d'Auguste Rodin. Toussaint, Bourdelle et Rodin ont été ses grands maîtres inspirateurs. Dintrat trouve sa personnalité à travers ces grands noms, il reste fidèle à leur classicisme et à l'art antique tout en donnant vie et originalité à ses formes sculptées. Dès 1923, dans son atelier de Montrouge, il produit de nombreuses ½uvres, des monuments et des bustes qui figurent aux expositions parisiennes. En 1925, il participe, au côté de son contemporain Loys Prat, au salon des artistes Dauphinois qui se tenait à l'office de l'Indochine à Paris. A l'occasion, Dintrat expose la victoire ailée destinée au monument aux morts de Valence.

De retour à Valence dès 1926, Dintrat continue sa vie d'artiste et prend alors la direction du musée de Montélimar en 1928. Il s'installe dans cette ville, Grande Rue, avant de repartir sur Lyon pour enseigner à l'école supérieure des Beaux-arts. Lors de son séjour lyonnais, il fonde une académie libre et à ce titre ouvre un atelier à Villeurbanne de 1942 à 1947. Successivement membre du jury du prix de Rome, membre de la commission des Trois Arts (architecture, peinture et sculpture) pour les examens de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts, membre de la commission départementale d'urbanisme de la Drôme, il devient aussi vice-président du Salon de Lyon et président de la société drômoises des Beaux-arts.

De retour dans la région, il acquiert une ancienne auberge de mariniers à La Roche-de-Glun où il fait son atelier et sa vie aux côtés de son épouse Albertine. Jusqu'à la fin de sa vie, Dintrat loge à la Roche-de-Glun et reste fidèle aux Rochelains. D'ailleurs il est raconté que les enfants aimaient regarder l'artiste à l'½uvre dans son atelier à travers des planches disjointes. En souvenir de son passage dans cette bourgade rhodanienne, une fresque peinte par Katia Giraud avec la collaboration de Karine David orne désormais la façade de sa demeure.

Sa carrière comporte deux grandes périodes, les monuments aux morts et la sculpture monumentale, puis il s'oriente vers la sculpture décorative, moins imposante mais plus délicate et avec beaucoup de finesse. Même les Compagnons du Tour de France ont reconnu son art en l'adoubant « Maître Compagnon tailleur de pierre » sous le nom très poétique de « la vertu de Valence » ! Une reconnaissance sans égale pour un sculpteur statuaire qui nous a laissé en héritage son art et son ½uvre.

Gaston Dintrat décède le 5 juillet 1964 à la Roche-de-Glun, il est inhumé au cimetière de Valence.

Gaston Dintrat s'impose en tant que statuaire et réalise un florilège de monuments commémoratifs dédiés aux victimes des conflits du 20e siècle. La liste est longue : Senlis, Aubigny-sur-Nère dans le Cher ; Meyzieu et Lyon dans le Rhône ; Brioude et Fix-Saint-Geneys en Haute-Loire ; Saint-Siméon-de-Bréssieux, Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs et Voiron en Isère ; Vernoux-en-Vivarais, Joyeuse, La Voulte et Colombier-le-Jeune en Ardèche ; Dieulefit, Romans-sur-Isère, Bourg-de-Péage, Valence et Tain l'Hermitage dans la Drôme…

Extrait de : Michelas Daphné, « Dintrat, maître du monumental », Revue Drômoise, mars 2016, n°559, n° spécial Les artistes de La Roche-de-Glun, p.15-25



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Notice créée le 19/09/2017
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