Eglise Saint-Clair


MONTFROC


Architecture religieuse

Les Asnières
26560 MONTFROC

L’église Saint-Clair, située 150 mètres au-dessus du hameau des Asnières, est l’ancienne église paroissiale de Montfroc. Sans être désacralisée elle a été, du fait de sa dégradation, abandonnée au profit de la chapelle Notre-Dame de l’Assomption. Certains anciens habitants de la commune se souviennent de la figure exceptionnelle du dernier curé de l'église, l'abbé Heurteloup, riche aristocrate et archéologue, qui sur ses fonds propres, redonna de l'éclat à l'église en la rénovant à l'intérieur et à l'extérieur, s'opposa aux autorités de l'Etat et ½uvra par ailleurs pour ses pauvres paroissiens jusqu'à sa propre ruine.

En 1984, à la suite d’une visite de l’église par le Conservateur des Antiquités et Objets d’Arts de la Drôme, une partie du mobilier est inscrit à l'inventaire des objets d'intérêt historique et déplacé dans la chapelle de l’Assomption pour être mis en sécurité. Au cours des dernières années, plusieurs autels ont été vandalisés et la grille de communion en fer forgé a disparu.

En 2014, l'association «Sauvegarde de Saint-Clair» est créée.
En 2015 :
- des travaux de dégagement de l’édifice (enlèvement des déblais dans certaines chapelles, etc.) sont réalisés grâce à la mobilisation des habitants ;
- la pose d’une nouvelle porte en bois, l'occultation des ouvertures, permet d’éviter les intrusions dans l’édifice. Un travail collectif a été entrepris pour dégager les alentours immédiats des broussailles et arbustes..

Le bâtiment est composite d’un point de vue stylistique. Son plan (une nef avec deux bas-côtés qui se terminent à l’est par une abside à chevet plat et deux chapelles absidiales à chevet plat), est le résultat de plusieurs phases de construction. Ses dimensions restent modestes (14 mètres de long sur 12 mètres de large avec les deux bas côtés), mais correspondent bien aux dimensions des édifices ruraux des périodes médiévales et modernes. Certains considèrent que la partie la plus ancienne de l’église est le ch½ur, voûté en berceau et daté du XIIIe siècle.

Les deux bas côtés sont voûtés d’arêtes, la nef est voûtée en berceau brisée, voûte largement remaniée, et le ch½ur présente une voûte en berceau en plein cintre.

Les deux bas côtés ne sont pas de la même période que la construction de la nef. Les murs de cette dernière pourraient avoir été percés pour aménager les passages entre les différents espaces. L’actuel clocher a été bâti entre 1868 et 1873, à l’entrée de l’église, située au sud-ouest et vient «terminer» à l’ouest le bas-côté sud qui, jusqu’alors ne comptait que deux travées.

Les registres paroissiaux, antérieurs à la Révolution, mentionnent quelques inhumations dans l’église, qui, à l’exception d’un prêtre, concernent toutes des membres de la famille Michel (famille de notaires, châtelains et prêtres de Montfroc).

Le mobilier qui subsiste dans l’église est essentiellement constitué par trois autels en marbre, datés du milieu du XIXe siècle. Deux d’entre eux ont été vandalisés pendant la période d’abandon de l’église.

Le décor intérieur se résume principalement à la fresque du ch½ur qui présente deux anges. A l’ouest, un vitrail, daté de la fin du XIXe siècle, représente Saint-Clair.

L’histoire de l’édifice reste à préciser. Toutefois, les comptes-rendus des visites pastorales de l’évêque de Sisteron, pour la période moderne, ont disparu. Plusieurs édifices existaient sur le territoire de la commune de Montfroc.

Une église Notre-Dame était associée au site de l’ancien castrum de Montfroc, situé au hameau de Villevieille. On retrouve encore aujourd’hui une trace de cet édifice dans la toponymie, puisque la colline du castrum s’appelle Notre-Dame. En contrebas, et au sud de celle-ci, on trouve le toponyme Villevieille qui désigne le vieux village, probablement abandonné à la suite des crises de la fin du Moyen Age. Cette église n’est pas explicitement mentionnée dans les pouillés du diocèse de Sisteron. La présence de la chapelle Notre-Dame de l’Assomption dans le hameau de La Bégüe, datée de la période moderne, laisse penser que, lors de l’abandon total du castrum, les habitants conservèrent le vocable de l’ancienne église pour leur nouveau village.

Un prieuré était également situé, au hameau des Asnières, sur le territoire de la paroisse de Montfroc. En 1274, l’«ecclesia Sancti Stephani de Montefroco» est mentionnée dans un pouillé du diocèse de Sisteron. Les visites de l’ordre de Cluny nous apprennent que cette église était le siège du prieuré (son vocable, Saint-Etienne, est cité en 1435 et 1446) qui, à partir des années 1360, dépendait de l’ordre de Cluny et qui fut placé sous la dépendance directe au XVe siècle du prieuré de Lagrand. Le prieur y est généralement seul et tantôt il assure la «cure des âmes», tantôt il est assisté d’un curé. En 1351, un pouillé du diocèse de Sisteron mentionne à la fois l’existence d’un prieur de Montfroc et d’un chapelain perpétuel. Le prieur était décimateur et reversait ensuite la portion congrue au desservant. En 1701, le vocable de l’église prieurale est toujours celui de Saint-Etienne.

D'abord consacrée à Saint Gervais, l'église du village passe, en 1772, sous le patronage de Saint Clair, patron des aveugles. Ce changement est décidé par l'évêque de Sisteron et le curé de Montfroc pour plaire à Françoise de Lériger la Faye, épouse du Comte Lucretius Henri, François Charles de la Tour du Pin, seigneur de Montfroc et originaire de Saint Clair sur Rhône. A cette date, deux cloches sont également fondues, une pour l’église Saint-Clair et l’autre pour la chapelle Notre-Dame de l’Assomption.

L'association «Sauvegarde de Saint-Clair» a pu réunir les fonds nécessaires pour faire analyser par des architectes l'état du bâtiment et évaluer le coût des travaux de rénovation en vue d'une ouverture au public. Elle s'emploie à trouver des fonds en multipliant différents types d'actions.

 

 

Lire la suite
non
verifié
Les derniers commentaires
Envoyer un commentaire
Non connecté
Autres lieux à proximité
Sauvegarde de Saint-Clair

MONTFROC

Accéder à la notice